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Tuileries 
Solo show, L'Académie (Le SHED), Maromme, 2019

L’exposition personnelle de Lou Parisot s’étend sur 200m2 dans les quatre espaces de l'Académie du SHED. L'ensemble des dispositifs-sculpturaux portent sur l'idée de la domestication de notre entourage (contrôle des états naturels, contrôle des gestes, des actions et des productions corporelles). Formellement, un nouveau regard et une seconde vie sont donnés à des objets rebuts, désuets ou pauvres dans un monde où notre impact environnemental est majeur. À l’encontre d’objets quotidiennement inertes, la plupart des œuvres présentées dans l’exposition s’animent d’elles même ou sont vouées à être activées par le public et des performeurs.

Le titre de l’exposition fait référence au Jardin des Tuileries à Paris, mettant en lumière l’évolution d’un espace qui est d’abord, au XIIIème siècle un vaste terrain vague où se trouvait des fabriques de tuiles. Sous l’ordre de Catherine de Médicis, il devient un jardin italien et un palais royal. Tuileries questionne ainsi un parallèle existant dans l’histoire de l’Académie : celui d’un lieu qui fut dédié à la fabrication de poudre à canon mais aussi maison natale du Maréchal Pélissier, et encore décorée de nombreux ornements et symboles tels que la fleur de Lys.

Tuileries est également la station de métro parisien suivant Concorde sur la ligne 1, titre emprunté par Simon Boudvin pour son exposition présentée aux mêmes dates au SHED, à 700m de distance de L’Académie. 700 mètres, c’est la distance qui sépare les stations de métro Tuileries et Concorde et les expositions de Lou Parisot et de Simon Boudvin.

Toutes les photos de l'exposition (Marc Domage) :

Détails oeuvres :

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«LES DIVINES», série de 5 fontaines.

 

Éléments décoratifs passant aujourd’hui pratiquement inaperçu, les fontaines ont auparavant une utilité essentielle dans les communes : apporter de l’eau potable dans les centres villes bien avant l’arrivée de celle-ci dans nos robinets. Améliorant premièrement l’hygiène publique, elles deviennent points de rencontres incontournables des villages puis objets de décoration de plus en plus sophistiqués et ornementés. Incarnation de la vie et de la source, les fontaines sont aussi associées à la femme, à la fécondité et à la maternité. Ici elles sont constituées d’objets nomades, domestiqués et détournés de leurs fonctions d’origine. Entre totem et divinités, des éléments usagés faits de céramique, de verre, ou de plastique, sont mariés ensemble pour retrouver une entité commune. Des assemblages à l’encontre des surproductions industrielles actuelles pour donner une seconde chance aux nombreuses formes déjà existantes dans nos contrées. Antiques et plastiques, pauvres et précieuses, lourdes et fragiles, les sculptures s’animent dans un jardin domestique tout en jouant sur des équilibres et des combinaisons plus ou moins mystérieuses.

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«WANTED», 1/3, portrait numérique de l’artiste sur TV, Collection FRAC Normandie Caen.

À travers cette photographie à l’esthétique du portrait de chasse, l’artiste se met en scène pour interroger l’image peinte la plus célèbre du Maréchal Pélissier posant victorieux après l’exécution d’un millier de combattants et civils qui avaient cru trouver asile dans les grottes de Dahra, en 1845.

Le regard froid et la posture raide tranche avec la tenue portée par l’artiste : une étrange robe royale aux couleurs brulantes et aux motifs Art Nouveau. Une ambivalence se révèle alors au niveau du statut de l’animal, oscillant entre trophée et protégé. Le pangolin est un mammifère des régions tropicales et équatoriales, extrêmement braconné pour sa viande et ses écailles aux prétendus vertus thérapeutiques. Une espèce reconnue en voix d’extinction.

Lors de l'exposition, le pangolin n'est pas encore soupçonné d'une potentielle origine de la pandémie du covid-19. 

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« JARDIN À LA FRANÇAISE », Installation in situ de cloches de jardin en plastique sur Fleurs de Lys,
 

Symbole de noblesse, de royauté mais aussi de pureté, la fleur de Lys orne pendant des siècles les monuments français, les tissus, les objets d’arts et le mobilier. L’espace, habituellement lieu de passage représente pourtant plus de 400 fleurs de lys semées de manière régulière sur les tomettes d’un rectangle imposant.

L’artiste décide alors de révéler le sol en le transformant en terrain industriel. Les fleurs sont couvées par 200 cloches en plastique de jardin mettant en lumière un symbole de la monarchie française sous un matériau pauvre et sorti d’usine. Ainsi naît un jardin d’intérieur bien millimétré, renvoyant ces petites représentations à leur état d’origine, qui n’est autre que l’iris des marais. La fleur de Lys ne représentant pas le Lys lui-même. Une action millimétrée questionnant d’un autre point de vue une face plus sombre de nos gestes : celle du contrôle de tout état naturel.

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«ÉQUIPEMENTS D'APPARTEMENT», série de 5 dispositifs-sculpturaux.
 

Ces dispositifs-sculpturaux sont des aménagements d’appartements maquillés et personnalisés. À la fois jeux mentaux et physiques, ces oeuvres pointent du doigt l’espace domestiqué, celui du foyer où les productions sont corporelles et d’intérieurs.

Depuis un certain temps, les équipements de bien-être sont pensés pour répondre à nos besoins d’exercices physiques et de confort. Ces dispositifs sont élaborés comme étant optimisés mais semble de ce fait avoir perdu leur sens initial.

Le vélo « Sport télé » par exemple se retrouve privé de ses deux premières fonctions à savoir le déplacement et un entrainement appréciable en plein air. C’est le règne domestique où les objets asservissent l'humain à l'intérieur.

Par conséquent, le mur devient une palette à maquillage géante, le banc de massage une cabane superposée ou le pouf une arme à bigoudis.

PRESSE : ARTPRESS 474, Introducing, de Annabelle Gugnon, 2020 :

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